critique de film : Les Locataires
Locataires (Bin jib)
de Kim Ki-duk, avec Lee Seung-yeon, Jae Hee (2005)

je voudrais vous parler d’un film….inclassable.
Un film coréen, bien sûr, puisque malheureusement, si vous voulez voir des films qui sortent de l’ordinaire, il faut souvent chercher du côté de l’extrême orient…
Un film extraordinaire d’abord, parce que esthétiquement magnifique. Ce n’est pas un film, c’est une succession de scènes, des scènes du quotidien, des petits morceaux de vie de gens normaux, des scènes de rien du tout, en apparence. Mais choisies avec l’œil du cinéaste, qui arrive à capter, dans ces moments anodins, toute la bizarrerie du monde. Extraordinaire je vous dis, non par les sujets, mais par leur enchainement complètement surréaliste.
Tout ça dure 2 / 3 du film. Parce qu’après, on cesse d’être dans le quotidien bizarre pour plonger dans le bizarre tout court. Voila que monsieur se transforme en fantôme ! Petit à petit, imperceptiblement, il commence à sortir de la réalité….
Un film extrêmement rigolo. Enfin non, comment dire, plutôt cocasse. Non, ce n’est pas ça non plus. C’est sûr qu’on rigole, mais pourtant il n’y a pas de comique. De l’humour oui. Enfin bref, on rit plus qu’on ne pleure.
Un film quasiment sans dialogue. Si bien que jusqu’à la fin, on se demande si oui ou non nos deux héros sont muets.
Et pourtant, dans une attitude, un regard, on les comprend parfaitement.
En revanche, en parlant de comprendre : le film est très clair, pas de chemin tortueux à suivre pour saisir les propos du cinéaste….très clair, sauf que juste avant le générique, une phrase s’inscrit. Et là, c’est fini. On ne comprend plus. On se pose des questions. On réfléchit au sens du film, alors que jusque là, on s’était laissé porter par sa beauté. Un final fort réussi ma foi, bravo ! Il faut donc attendre la toute fin du film pour en avoir LA CLEF. Celle qui vous oblige à tout revoir dans votre tête, pour vérifier que oui, vous n’aviez rien vu. Mais en fin de compte, sous cet angle ci, tout s’éclaire, tout est lumineux et limpide, vous ne pouvez que crier au chef d’œuvre.
Et oui, c’était logique et visible, sauf si comme moi, vous entrez tellement dans le film que vous cessez de raisonner, de chercher à utiliser votre cerveau. Ben quoi, ça vous arrive jamais ? Je crois que mon cerveau fait des pauses bien méritées parfois. Enfin souvent. Mais bon, je pense un peu quand même, je ne suis pas une cruche ! Simplement, je pense après le film, pas pendant.
En même temps, même ce cérébral de Guigui n’avait pas capté lui non plus, et toc !
Au fait, pour les curieux, j'ai le DVD, alors vous n'avez qu'à demander...
Re au fait, ce film a reçu un Lion d'Argent à la Mostra de Venise, festival que j'apprécie de plus en plus pour la pertinence de ses prix...contrairement à un certain autre festival qui a lieu en ce moment même....
Re Re au fait, le cinéaste a aussi fait "Printemps Ete Automne Hiver" et un autre film primé à Berlin (Ours d'argent), "Samaritan Girl ".
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