Nouvelle vague au Gran Rex
Mercredi dernier au Grand Rex, je suis allée au concert de Nouvelle Vague. Allez voir

Nouvelle Vague, c’est le concept crée par Marc Collin et Olivier Livaux qui se propose de reprendre des classiques de la nouvelle vague musicale (année 70 en gros) façon Bossa Nova (1er album Nouvelle Vague) et caribéen (2nd album Bande à Part).
Et leur talent, à mon sens, c’est d’avoir su choisir des chanteuses/ chanteur talentueux et qui correspondent parfaitement au style de chaque reprise.
Ah, la voix si douce de Melanie Pain sur Sweet an tender Hooligan !
Ah, la gouaille de Phoebe Kildeer (je crois que c’est elle, mais je n’en suis pas complètement sure ?) sur Human Fly !
Ah, le génial Gerald Toto qui nous a gratifié d’un magnifique Israel !

Allez, je déballe tout et j’avoue mon manque terrrrible de culture musicale : je connaissais à peine le quart des originaux reprise ce soir la. A mon emule, et n’en déplaise aux pas si nombreux détracteurs du projet (c’est facile les reprises, on dirait un album de la « plus grand discothèque du monde », du pur marketing, si on enlève tout et qu’on ne garde que la partition, ces morceaux n’ont plus aucun intérêt, etc), Nouvelle vague aura au moins eu les 2 mérites suivants :
1) me faire passer une super soirée
2) me faire découvrir tout un tas de morceaux dit « classiques » que je vais me faire un plaisir de redécouvrir en version originale.
Je suis tout de même un peu inquiète : j’ai lu quelque parte que Nouvelle vague est destiné à un public de « bobos trentenaires » : les preuves s’accumulent, je commence à me poser des questions, serais-je réellement une bobo ?
Et comme les doutes ne viennent jamais tous seuls, je voudrais aussi évoquer la 1re partie de ce fantastique concert : Sir Alice.
Sir Alice a chanté, aux cotés de Camille, dans le projet Nouvelle Vague. Bon, j’aime beaucoup Camille. Mais Sir Alice ? J’ai rarement entendu un bruit pareil ! Un truc hallucinant où les chuchotements sont suivis de hurlements abominables pendant 10 minutes, l’horreur absolue ! En plus, cette demoiselles s’est carrément déshabillée sur scène et a fini par se retrouver en sous vêtements, je n’ai pas du tout compris pourquoi ? pour le spectacle ? Disons qu’il s’agissait, comme on dit dans les milieux branchés sans doute, d’une « performance ». Et disons aussi que le public – moi par exemple- qui a payé pour assister à de tranquilles reprises, n’est pas forcément très bienveillant devant un tel flot de, heu, de ? de choses ? de bruit ? de…..musique ? Mmmmm, si j’avais eu des tomates, elle s’en serait prise une en pleine poire – c’est tout théorique bien sur vu que je l’aurais surement ratée.
Une fois chez moi, je me suis bien évidemment empressée de faire des recherches sur le phénomène.
Dans les inrocks : http://www.lesinrocks.com/DetailCritique.cfm?iditem=185214&idheading2=11
Extrait de la critique : « expérience entre recherche fondamentale, création musicale et art dérisoire : un labo sonore avec des guitares, des beats, des bruits blancs, des samples enchanteurs »
Ah, voila, ce n’était pas de la musique, mais plutôt une expérience scientifique !! Tout s’éclaire. Le but étant de nous casser les oreilles ? Ou d’observer l’effet d’un hurlement répété et continu sur le psychisme humain ?
Autre critique trouvée sur la toile : http://www.pinkushion.com/chroniques.php3?id_article=1476
Extrait de la critique : « Sir Alice débarque comme un cheveu dans la soupe, remettant toutes nos certitudes en l’air, et soufflant un nouveau courant d’air joussif »
Le cheveu sur la soupe, c’est très juste ! le jouissif, heu…jamais je n’aurais pu jouir en entendant un ovni pareil, ça s’est sur.
C’est que je ne suis pas une artiste, je bosse dans la finance moi, alors vous m’excuserez si je suis un peu hermétique au post punk froid et industriel matiné d’électronique laptop, quoique cela puisse dire…
La demoiselle n’est de surcroit pas bête, elle est chercheuse à l’IRCAM, l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique, et prépare une thèse sur la perception cognitive de la musique. J’imagine que ce qu’elle nous a fait sur scène devait donc avoir un sens. Mais lequel ? Qu’est ce que toutes ces critiques élogieuses peuvent bien y trouver ? Je lui concèderai seulement l’originalité. A part ça, le concept, mis sur papier, peut sembler intéressant, il n’empêche qu’entre un morceau de papier plein de bonnes intentions et 1/2h de cacophonie, il y a un monde, infranchissable pour certains d’entre nous.
Quand je pense que ma mère trouve que le rock OuiFM est insupportable, que n’a-t-elle entendu Sir Alice !
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