Let The Right one come in !
Morse (Låt den rätte komma in)
de Tomas Alfredson, avec Kare Hedebrant, Lina Leandersson

Doucement, tout doucement, de la neige tombe, et s'accumule en un lourd manteau blanc et froid, qui, parfois, se teinte de rouge. Sur cette neige, deux enfants. Seuls. Puis, ensembles, les deux enfants jouent. Des enfants en devenir... ou pas. L'un a des yeux à la transparence abyssale. L'autre subit des brimades de la part de ses camarades de classe. L'un est blond comme les blés, l'autre brun comme la nuit. Ils sont 12 ans tous les deux, mais l'un les a depuis plus beaucoup longtemps que l'autre...Il y aura du sang, des sourires, et des larmes. De l'amour aussi, de l'amour très pur et très beau.
La manière de filmer particulière, un peu à la Gus Van Sant dans Elephant, comme me l'a fait remarquer Cher et Tendre (bon, la présence d'un jeune tout blond avec sa coupe au carré joue beaucoup dans cette impression !), avec de nombreux plans fixes et un rythme très lent, nous fait d'emblée comprendre combien les protagonistes sont seuls. Dans cette banlieue pauvre sordide, le spectateur se sent immédiatement exclu. Il n'est qu'un observateur détaché de l'action.
De l'action justement, il n'y en a guère. Alors quand elle arrive, elle surgit comme un diable de sa boite, sans qu'on s'y attende, et c'est effroyable.
A ce titre, la scène finale de la piscine, avec sa violence animale déchainée, est époustouflante de gore ! Son incongruité renforce son coté surnaturel. Surnaturel d'ailleurs étonnamment très peu présent, malgré le thème du film. Et pourtant, le fantastique surgit parfois....de l'attendre, le malaise monte peu à peu. Heureusement que quelques scènes comiques viennent déplomber l'ambiance comme l'attaque des chats, ou le môme épargné car il se cachait les yeux.
En fin de compte, ce film prend le contrepied de tous les films du genre : ici, pas d'esthétique gothique, pas de sensualité de la morsure, pas de cape noire, pas d'ail, pas d'amour pathétique, du gore en doses homéopathiques.
Je ne sais pas si c'est le paysage enneigé ou l'histoire, mais ce film m'a glacé le sang....pourtant en sortant, j'ai trouvé la fin si mignonne. Mais en y repensant, par rapport notamment au début du film, je finis par la trouver horrible...Brrrr, rien que d'y repenser, j'en ai des frissons dans le dos. Je n'envie pas le destin des deux enfants !
Les acteurs sont bouleversants, que ce soit Eli la jeune vampire, le petit blondinet ou encore le « protecteur » d'Eli.
J'ai lu que ce film avait été acheté par les américains pour en faire un remake...typiquement le genre de film à éviter, passé à la moulinette d'Hollywood il perdre toute sa saveur !
Mais tant que le film suédois est à l'affiche, il n'est à rater sous aucun prétexte.
Je lui décerne 5 étoiles sur 5, et toc ! En toute objectivité hein, qui a dit que la simple présence d'un vampire faisait remporter des points ? C'est tout à fait faux, la preuve, je n'ai pas aimé Twilight, le livre, et je ne suis même pas allée voir le film. J'ai bien fait, vu les critiques.
Tenez, ça m'a donné envie de lire le livre dont ce film constitue une adaptation certainement fort réussie. C'est qu'il reste des mystères non résolus... comme l'histoire d'Eli...je suis aussi intriguée par ce protecteur, qui serait pédophile dans le livre.