Lettres d'Iwo Jima (Letters from Iwo Jima)
de Clint Eastwood, avec Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya (2007)
Film de guerre. Où comment, par son génie de la stratégie militaire et par son cœur et son courage, un homme aux valeurs humanistes, le général Kurayashi (?), a transformé la défaite éclair programmée face à la déferlante américaine en une longue et héroïque résistance.
Les soldats envoyés à Iwo Jima savaient tous que leur chance de survie était quasi nulle, et que leur mort n’empêcherait même pas la défaite. Mais non, ces soldats n’étaient pas des kamikazes bornés et stupides au cerveau lavé par la propagande impérialiste, et non, ils ne mourraient pads d’envie de mourir pour leur patrie.
C’étaient des êtres humains désespérés, à qui ils ne restaient souvent que la défense de leur honneur comme seule lumière sur cette ile cauchemardesque. Ces hommes qui se savent voués à un destin tragique luttent pour leur patrie, pour leurs familles, ou pour leur honneur, et leur héroïsme pathétique rend plus cruelle encore la défaite japonaise. Il y a des grands hommes qui sont morts sur cette île, il y a aussi des hommes qui se sont sacrifiés, qui se sont fait seppuku par désespoir (et la scène des grenades est pour moi une des plus terribles du film….ces expressions criantes de vérité sur les visages des acteurs, quel jeu ! Epoustouflant), d’autres qui cherchaient avant tout à rester en vie pour retrouver leur famille. Mais tous, soldats japonais comme soldats américains, sont avant tous des êtres humains, avec leurs faiblesses, mais aussi avec toute leur grandeur.
Ça fait plaisir de voir un film qui n’a rien de manichéen, surtout en provenance des US où ce genre d’exercice est si rare…Il fallait bien mon cowboy préféré aux commandes pour réaliser ce grand, très grand film. Qui est le bienvenu en ces temps de guerre en Irak.
C’est quand même terrible la guerre, penser que tant gens sont morts (70 000 soldats US et 200 000 soldats jap) pour défendre et pour prendre une petite île complètement pelée et bien déprimante…où rien de pousse…où le sable est noir…
D’ailleurs, bien que tourné en couleurs, entre la fumée blanche des coups de feu, la fumée noire des bombes et de la roche qui explose, le sable noir et la poussière blanche qui recouvre tout, c’est au final du quasi noir et blanc que l’on voit. Cette unité de couleur renforce encore le coté magistral du film et l’esthétique effrayante des images de guerre. La violence et l’horreur sont omniprésentes, pourtant ce voile parvient à rendre cette boucherie moins crue : on n’est pas dans un tabloïd qui se repait des scènes morbides ici, mais dans un grand film humaniste, qui ne cache rien, mais a suffisamment à dire pour ne pas avoir à sortir le grand jeu des membres arrachés !
Contrairement à d’autres films sur la seconde guerre mondiale, l’absurdité de la guerre n’est pas « suggérée »par 200 litres d’hémoglobine rouge vif qui sort à gros bouillons de corps en miette, mais est dépeinte par le biais de ces lettres, écrites à leur famille par des soldats qui se savaient condamnés à mort, si poignantes et si tristes.
Commentaires
Je ne lirai ton commentaire que quand je l'aurai vu. Il paraît qu'il faut voir le premier volet du dyptique en premier car il y a certaines liaisons d'actions. Par exemple dans le premier tu vois un ricain utiliser un lance-flamme et dans le deuxième tu es cramé (dixit les critiques écoutées dans la voiture aujourd'hui pendant un long trajet province Paris)
commentaire n° : 2
posté par :
dadocanonichou
le: 28/02/2007 23:23:54
tu l as vu?
tout de facon c est forcement bien, c est du eastwood