de Joel Coen, Ethan Coen, avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem
L’histoire :
Un beau cow-boy désargenté, Llewelyn Moss (Josh Brolin), part à la chasse aux antilopes. Au lieu de quoi il tombe sur un carnage, de la drogue en quantité astronomique, et une valise remplie de
coupures de 100 dollars.
Bien entendu, et tout en sachant bien qu’il va déclencher l’apocalypse, il embarque l’argent.
S’engage alors une course poursuite infernale entre un homme banal, et un ange exterminateur joué par Javier Bardem, plus flippant que jamais (visez un peu : un gars, à la gueule épaisse,
avec une coupe à la Austin Powers, qui porte un fusil à pompe, et devise agréablement avec vous. Peut être qu’il va vous poser des questions philosophiques sur votre vie, ou bien jouer à pile ou
face. L’enjeu ? Et bien, par exemple, votre vie ….) qui avance inexorablement vers son but, qui écarte, de manière, dirons nous, efficace, voire expéditive, et surtout, définitive, tout
obstacle susceptible de se dresser entre lui et Moss.
Tommy Lee Jones joue le sherif Bell, qui se lance à son tour dans la poursuite. C’est le « vieil homme » du titre : dépassé par la violence de son pays, qui n’est plus le Far West
des cow boys à cheval, mais la frontière mexicaine par laquelle transitent drogue et trafiquants internationaux en tout genre. Dépassé, vieillissant, mais toujours diablement intelligent…
Mon avis :
La narration est linéaire, les événements s’enchainent lentement, l’histoire suit son cours, et rien, ni personne, ne pourra la faire dévier de sa trajectoire idéale. L’impression d’inexorabilité
est ici très forte et sert impeccablement le scénario, qui semble très simple sur le papier, mais qui est plus complexe qu’il n’y parait.
Le film en lui-même est un des plus abouti de ceux des frères Coen que j’ai pu voir jusqu’à présent. On voit bien qu’ils ont de l’expérience à
revendre, ces frères bénis du cinéma américain ! Tout y est maitrisé dans le moindre détail, et quand on a le génie des Coen pour la mise en scène, on aboutit forcément à une pépite d’or de l’esthétisme. De plus, les dialogues sont savoureux, l’humour est décapant. Il
est noir, très noir, et il vaut mieux puisque le sang jaillit sans cesse. Et pourtant, il n’y a rien de gore dans ce film en ce sens qu’il n’y a pas de violence gratuite. Même les actes du
diable ont un sens, et d’ailleurs, si le diable n’a pas de morale, il a tout de même des valeurs, comme le prouve la fin du film.
Quant à la photo, elle est tout simplement splendide….on redécouvre avec plaisir ces paysages arides de l’Ouest, pourtant déjà exploités
à de multiples reprises par le cinéma US. Le désert est plus beau que jamais, éclairé par un soleil écrasant qui nimbe les paysages d’une lumière presque irréelle, d’une manière qui m’a fait un
peu penser à O’Brother.
Enfin, parlons de la fin : surprenante, elle tombe comme un cheveu sur la soupe. On sort de la salle ébahis. On s’interroge, on réfléchit, et après tout,
pourquoi pas ? Ne pas montrer la confrontation, attendue durant tout le film, du gentil et du méchant (d’ailleurs…mais chut, je n’en dirai pas plus pour ceux qui n’ont pas encore vu le
film !) – le shérif ne rencontrant du coup jamais ni le gentil, ni le méchant- est un parti pris, et ce parti n’est pas inintéressant. Bien entendu, le spectateur reste sur sa faim, et
je n’aurais pas dit non à une scène supplémentaire. Le projectionniste n’aurait il pas oublié une bobine ? Tant pis, la dernière scène du film sera le « vieil homme », désabusé et
retraité, racontant son rêve, dans lequel il croise son père, shérif comme lui, et mort plus jeune que son âge actuel, sur un cheval. Sans commentaire. Ou plutôt, et pour être tout à fait honnête
avec vous, je cherche encore comment interpréter ce rêve…
Pour finir, il faut préciser que le film est une adaptation du roman éponyme du fameux écrivain américain Cormac McCarthy – et oui, encore lui, décidément,
cet homme mérite d’être lu, après tout le bien qu’on dit de lui. Je vais rajouter cet ouvrage dans ma PAL.
Quoi, vous ne connaissez pas la signification de PAL ? Pffff….bande de nuls….PAL = Pile A Lire, tout simplement !
Allez, j’avoue : j’ai découvert cet acronyme tout récemment dans des blogs de lectures, et j’ai trouvé que ça ferait bien de le placer dans cet article…sans rancune ?
Donc en conclusion : si vous aimez les films des frères Coen, si vous aimez l'humour noir, si vous aimez le sang, ben courez voir ce bijou !
Si vous abhorez la violence, et si vous etes imperméable à l'absurde, ben, évitez.
Donc en conclusion : si vous aimez les films des frères Coen, si vous aimez l'humour noir, si vous aimez le sang, ben courez voir ce bijou !
Si vous abhorez la violence, et si vous etes imperméable à l'absurde, ben, évitez.
par Mandy
publié dans :
Cinema