jour après jour
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de Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud, avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve (2007)
Une histoire dure - le personnage principal a ainsi « connu une révolution et une guerre » : une petite fille élevée à Teheran par des parents cultivés et ouverts, qui va connaitre
la révolution ayant conduit à le chute du shah, puis l’arrivée des islamistes au pouvoir…et la suppression des libertés…les arrestations politiques qui s’amplifient…la « moralisation »
de la société, de plus en plus religieuse, de plus en plus fanatique, et bien sûr, et ce film nous le montre bien, de plus en plus ridicule.
Je n’ai pas lu la BD, mais pour moi ce dessin animé est extrêmement bien fait. Les répliques plutôt truculentes, la franchise de l’héroïsme suscitent des moments de franche rigolade, et nous
montrent qu’après tout, si l’on ne rit plus de rien, tout est fini.
Le noir en blanc donne plus de force aux propos, de même que les dessins apparemment grossiers, mais qui mettent très bien en avant les sentiments des personnages. Ce style colle de plus très
bien au parti pris de naïveté – c’est une enfant qui observe l’évolution de son monde, et c’est donc par ses yeux que le spectateur entre dans Teheran, et constate le ridicule des situations,
avec ces mollahs qui trouvent indécents de voir une femme courir, mais n’hésitent pas à tuer les étudiants qui s’amusent un peu trop. On est loin des films d’animation Pixar, c’est sûr, tant par
le style que par le sujet ! On est encore plus loin des Walt Disney….mais ne crachons pas dans la soupe, il faut de tout pour faire un monde, et d’ailleurs j’adore Pixar.
En résumé, voilà un film très original, qui traite un sujet peu vu au cinéma, sous un angle comique, plus susceptible d’attirer le plus grand nombre de spectateurs que le drame. Je parle en connaissance de cause, car jamais je ne serais allée voir un film tragique !
Chaudement recommandé, donc.
par Mandy
publié dans :
Cinema
de Barbet Schroeder, avec Jacques Vergès, Béchir Boumaza (2007)
Et ben et ben, quelle belle brochette de gens peu recommandables !
De la défense des luttes armées pour l’indépendance, à la naissance du terrorisme international, Me Vergès est partout. Impliqué jusqu’à quel point, on se sait pas, en tout cas, il connait très bien tous les acteurs de l’histoire de la 2de partie du 20è siècle. Ami de Pol Pot, époux de la Jean Moulin algérienne, qu’il a défendue lors d’un de ses premiers procès, puis qu’il a abandonnée avec ses deux enfants pour disparaitre pendant 8 ans, avant de revenir avec des valises de billets, en contact avec Carlos, (et amoureux de sa femme ! Il a pas peur le bougre), le FLN, Arafat, et bien d’autres encore, de ceux qui ont fait l’histoire, en bien ou en mal d’ailleurs, il sera l’avocat de tous les grands procès dans le monde.
Sacré personnage ! Sa vie est digne d’un roman, et on se demande comment il a pu rester vivant pendant tout ce temps, étant donnée ses fréquentations…
Un peu long (il faut dire que la séance de 21h40 n'est pas forcément la meilleure pour ce genre de film), mais passionant. On apprend plein de choses. C'est bien fait, avec des intervenants intéressant, des dialogues incisifs (vous auriez défendu Hitler ? J'aurais même défendu Bush ! A quelle condition ? Qu'il plaide coupable.) Et le tout fait froid dans le dos.
par Mandy
publié dans :
Cinema
Donc pour moman : ne cherche pas au cine tu ne le trouveras pas!
21 grammes (21 Grams)
de Alejandro González Inárritu , avec Sean Penn, Benicio Del Toro (2004)
Je vais faire court puisque ce film est sorti il y a déjà un moment :
Glauque, glauque, glauque…. Si vous voulez ruiner la soirée de quelqu’un, organisez donc une projection de 21 grammes. Mais n’invitez pas votre ennemi malgré tout, réservez la à vos amis. Parce que certes, ce film vous plombent le moral, mais il reste un excellent film, impeccablement réalisé, superbement joué – mention spéciale à Naomi Watts, qui campe une ex-junkie à qui il arrive la pire des choses de façon extrêmement convaincante. Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on joue une greluche dans King Kong qu’on ne sait pas jouer. Du reste, il ne faut pas oublier non plus qu’elle a aussi tenu le rôle principal de Mulholand Drive.
Enfin bref, un film intense, très dur, et très beau. Un film qui marque. Un film qu'il faut avoir vu.
par Mandy
publié dans :
Cinema
de Kim Ki-duk, avec Lee Seung-yeon, Jae Hee (2005)
je voudrais vous parler d’un film….inclassable.
Un film coréen, bien sûr, puisque malheureusement, si vous voulez voir des films qui sortent de l’ordinaire, il faut souvent chercher du côté de l’extrême orient…
Un film extraordinaire d’abord, parce que esthétiquement magnifique. Ce n’est pas un film, c’est une succession de scènes, des scènes du quotidien, des petits morceaux de vie de gens normaux, des scènes de rien du tout, en apparence. Mais choisies avec l’œil du cinéaste, qui arrive à capter, dans ces moments anodins, toute la bizarrerie du monde. Extraordinaire je vous dis, non par les sujets, mais par leur enchainement complètement surréaliste.
Tout ça dure 2 / 3 du film. Parce qu’après, on cesse d’être dans le quotidien bizarre pour plonger dans le bizarre tout court. Voila que monsieur se transforme en fantôme ! Petit à petit, imperceptiblement, il commence à sortir de la réalité….
Un film extrêmement rigolo. Enfin non, comment dire, plutôt cocasse. Non, ce n’est pas ça non plus. C’est sûr qu’on rigole, mais pourtant il n’y a pas de comique. De l’humour oui. Enfin bref, on rit plus qu’on ne pleure.
Un film quasiment sans dialogue. Si bien que jusqu’à la fin, on se demande si oui ou non nos deux héros sont muets.
Et pourtant, dans une attitude, un regard, on les comprend parfaitement.
En revanche, en parlant de comprendre : le film est très clair, pas de chemin tortueux à suivre pour saisir les propos du cinéaste….très clair, sauf que juste avant le générique, une phrase s’inscrit. Et là, c’est fini. On ne comprend plus. On se pose des questions. On réfléchit au sens du film, alors que jusque là, on s’était laissé porter par sa beauté. Un final fort réussi ma foi, bravo ! Il faut donc attendre la toute fin du film pour en avoir LA CLEF. Celle qui vous oblige à tout revoir dans votre tête, pour vérifier que oui, vous n’aviez rien vu. Mais en fin de compte, sous cet angle ci, tout s’éclaire, tout est lumineux et limpide, vous ne pouvez que crier au chef d’œuvre.
Et oui, c’était logique et visible, sauf si comme moi, vous entrez tellement dans le film que vous cessez de raisonner, de chercher à utiliser votre cerveau. Ben quoi, ça vous arrive jamais ? Je crois que mon cerveau fait des pauses bien méritées parfois. Enfin souvent. Mais bon, je pense un peu quand même, je ne suis pas une cruche ! Simplement, je pense après le film, pas pendant.
En même temps, même ce cérébral de Guigui n’avait pas capté lui non plus, et toc !
Au fait, pour les curieux, j'ai le DVD, alors vous n'avez qu'à demander...
Re au fait, ce film a reçu un Lion d'Argent à la Mostra de Venise, festival que j'apprécie de plus en plus pour la pertinence de ses prix...contrairement à un certain autre festival qui a lieu en ce moment même....
Re Re au fait, le cinéaste a aussi fait "Printemps Ete Automne Hiver" et un autre film primé à Berlin (Ours d'argent), "Samaritan Girl ".
par Mandy
publié dans :
Cinema
La Vie des autres (Das Leben der Anderen)
de Florian Henckel von Donnersmarck, avec Thomas Thieme, Martina Gedeck

Pour faire court : excellents acteurs, excellent scenario, excellente réalisation, bref unEXCELLENT FILM !
chapeau bas à l'acteur principal. Dès le départ, on reconnait en lui le pov type, c'est magnifiquement joué, car tout est suggestion ici, pas de gros détail qui tue pour aiguiller le spectateur parce que ce dernier est trop bête pour comprendre tout seul.
Des etres qui évoluent dans une ambiance horriblement stressante, une véritable prison, qui on le voit tout le long du film, ne laisse aucune liberté à ceux qui n'ont pas de pouvoir.
Et au contraire, des puissants, dénués de toute humanité, ou plutot, qui n'en ont conservé que les pulsions, et ont oublié au passage les émotions et l'esprit. ce qui différencie l'homme de l'animal en somme.
Les révoltés, ceux qui ne rentrent pas dans le rang, finissent tous mal. Il n'y a aucune solution, seulement de la répression.
Et pourtant, il arrive que certains, qui avaient toujours accepté le système tout imparfait soit-il, soient poussés vers le chemin de la liberté par ses paradoxes. Aucune système répressif ne peut perdurer à jamais, car il est toujours corrompu de l'intérieur et finit par imploser. Voila ce que ce film magistral nous montre.
par Mandy
publié dans :
Cinema
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